Et si tu m’aidais, toi mon parent?

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Si tu savais comme j’ai hésité à l’écrire cet article. Je ne livrais plus rien sur lui, sur moi, elle, nous…Pour un come back, on a vu plus réjouissant mais aujourd’hui des perspectives positives s’ouvrent devant lui et j’y crois, je crois en une scolarité plus sereine même si elle sera semée d’embuches et de mises au point.

Si tu me lisais à l’époque, tu dois savoir que j’étais passée dans l’émission les maternelles pour parler autour de l’hypersensibilité de V.
A cette époque, les pistes avaient fait leur chemin dans ma tête mais la prise en charge de V. n’était pas suffisante pour l’aider à gérer tout ça, lui, ses sentiments, les autres, les bruits, les choses, sa maman, le monde.
J’avais fait un vague listing du comportement excessif de mon V. à ce moment là âgé de 4 ans en petite section maternelle.
Tu peux d’ailleurs retrouver l’article ici .

Aujourd’hui, V. a 6 ans tout pile poil.

Je pourrais te dire, du moins, j’aimerais te dire que le déclic s’est fait seul, que nous avons vécu une scolarité de maternelle finalement sereine mais il n’en est rien.
Lors de sa moyenne section, c’est la boule au ventre que j’ai été convoquée seule chez la directrice. Je n’avais pas de doute sur la teneur du discours qui allait m’être tenu. Ingérable, en retrait, bruyant, ne rentre pas dans les apprentissages, dérangeant, parfois agressif et un âge affectif inférieur à son âge réel.Ma fonction de professeur des écoles n’aidant en rien sur le recul que je pouvais avoir vis à vis de V. et du regard qu’on pouvait poser sur lui et moi.
La première année de maternelle fût d’une violence sans nom pour moi. Je récupérais mon petit la boule au ventre, me demandant ce qui allait encore nous être reproché. Je ne comprenais pas. V. avait tout pour réussir, et ça ne marchait pas.
Les équipes éducatives, je les connaissais par coeur puisque j’en vivais moi-même, mais de l’autre côté du miroir… Je n’ai pas aimé le discours de la psychologue scolaire qui n’avait pu sonder V. qui refusait de communiquer avec elle. Mais en tant que parent, on se protège, certaines choses blessent, certaines vérités heurtent.J’ai toujours pris à coeur le comportement épuisant de mon V., comportement et engagement auprès de lui qui ont nécessité un gros recul de ma part le concernant. C’était préconisé par l’équipe éducative. J’imprégnais V. de mon stress et de mes inquiétudes. J’ai donc pris du recul dans mon quotidien et fait les démarches que la psy scolaire me demandait de faire. Suivi psy et demande MDPH d’AVS.
J’ai mis 2 mois à prendre la décision de faire remplir le dossier MDPH par le médecin de V.
Le faire remplir était admettre que mon fils avait un « handicap ». Te dire que j’ai retenu mon chagrin serait mentir. J’ai pleuré, avant, pendant, après.
Dès l’équipe éducative, j’ai mis en place un suivi psy. Je faisais des km et des km le mercredi après midi, assistais à toutes les séances puisque V. refusait que je parte. V. rentrait peu en contact avec les adultes quand il s’agissait de l’analyser. Il a fait une dizaine de séances puis nous avons stagné. L’aspect financier non remboursé à raison de 50 e la séance me rebutait. J’ai fait une demande de prise en charge par le CMP de ma ville(centre medico psychologique). V. a été reçu avec moi 3/4 fois de février à juin puis nous avons convenu d’une prise en charge en atelier d’une heure axé sur la concentration en tout petit groupe. En juillet, nous avons reçu la réponse de la maison départementale du handicap qui assenait le verdict: pas d’AVS pas de HANDICAP. Je ne te cache pas qu’au début j’ai craint la grande section. Je me suis dit qu’on allait encore nous pressuriser, que la maitresse allait le détester.
V. est rentré en grande section ce septembre 2014 dans un contexte familial ébranlé(son papa et moi). J’ai annoncé à la nouvelle maitresse, une femme sure d’elle au discours pédagogique affirmé, bienveillant et expérimenté, que la demande MDPH avait échoué. Elle m’a avoué en être ravie, que V. n’avait aucun handicap à son sens mais juste un souci qui créait un trouble handicapant(note la nuance). Nous avons convenu de rdv toutes les deux semaines pour faire le point sur le travail et comportement de V. en prenant appui sur les choses positives principalement. Les mois ont passé, le chaos familial s’est amplifié mais V. a tenu bon. En novembre, elle nous a annoncé que V. l’écoutait, se mettait enfin au travail et était devenu élève.
Te dire ma joie mon bonheur ne serait pas possible par écrit. Enfin j’apercevais un avenir plus radieux. Nous avons eu un entretien avec la maitresse, la directrice ainsi que la maitre E du groupe scolaire. Il était clair que V. était extrêmement intelligent mais que sa perception des choses, sa façon d’apprendre et sa prise en charge en ps et ms l’avait bien largement mis en retard au niveau scolaire.

En décembre, j’ai demandé un rdv avec l’infirmière du CMP pour lui demander de façon urgente une prise en charge psychologique en plus des ateliers. V. allait mal. Se contrôlait à l’école mais ne supportait plu le climat familial. Son corps était couvert d’excema.

En janvier, j’ai pris le contrôle de ma vie, j’ai entouré V. d’attention, de soin, d’écoute, de douceur et la maitresse nous a écrit régulièrement que V. s’impliquait dans le travail.
Aujourd’hui, en février, je suis une maman qui ne crie plus. qui ne pleure plus. qui a confiance en l’avenir de son blond de garçon.

Et si tu m’aidais toi mon parent?
Ca veut dire quoi ce titre au juste? Dans le domaine de l’école, et notamment lors de rdv parents et d’équipes éducatives, je vois souvent des parents réticents aux aides et prises en charge quand les mots « troubles », « psy », « retard », « handicap » sont évoqués.

J’ai dépensé pour mon V. une énergie incroyable pour qu’il aille bien. Aujourd’hui, j’ai la satisfaction que tout acharnement voit venir un résultat positif sur le plus ou moins long terme.

La maitresse m’a dit le penser précoce(je le pense aussi mais beaucoup trouvent ce terme présomptueux).
Il ferait partie de ces précoces qui ont la scolarité difficile car leur façon d’apprendre est différente, plus globale… Il ferait partie de ces précoces qui se mettent en échec scolaire, pas ceux qui flambent les scores…
Dans une semaine, une nouvelle étape sera franchie. Il verra le medecin pedospy du CMP qui nous aidera à mettre un réel mot sur son trouble.

Parent, ne refuse pas les aides extérieures, ne baisse pas les bras. Elever un enfant c’est difficile, le rendre élève l’est aussi. Tout est bon à prendre et Rome ne s’est pas construite en un jour.

Aujourd’hui, 15 février 2015, quasi 2 ans après mon passage chez les maternelles, Valentin apprécie écrire des lettres, se met au travail, écoute en regroupement, se fait des copains et à une jolie peau dénuée de stress….

8 réflexions sur “Et si tu m’aidais, toi mon parent?

  1. Stéphanie dit :

    Élodie,…. Quelle émotion de lire ce si beau texte…. J’y perçois la difficulté qu’il a fallu pour l’écrire…mais j’y perçois surtout toutes les émotions d’une maman….bravo a toi, bravo V. ….et gros bisous

    • les tribulations d'une poulette dit :

      merci stephanie.
      Oui j’avais pris le parti de ne plus livrer ces émotions intimes sur mon blog. Je lui vaais donné une direction plus culinaire….
      Mais ce n’est pas moi et puis, sans avoir de choses à prouver, on ne peut nier toute la bataille que j’ai faite autour de mon loulou et toute l’énergie que j’ai mise pour qu’il aille BIEN. Et quoique certaines personnes de mon ancien entourage aient pu penser, d’un oeil non averti et exterieur, élever un enfant avec des angoisses et des troubles demande parfois un recul. Eet j’ai pris ce recul tout en continuant à jalonner son parcours scolaire d’aides. Et ca, je suis la seule qui en suis à l’initiative. Car parait-il que les psy, c’est de la connerie…. bah franchement, ici sur lui,ca a été bénéfique….
      Merci pour ce joli message 🙂

  2. alameresi dit :

    Je suis tellement heureuse de lire les nouvelles de ton grand ! Tu assures grave, comme d’habitude, ton implication a payé. J’espère que pour le reste, tout va bien pour toi en ce moment…

    • les tribulations d'une poulette dit :

      Coucou cecile, je me suis faite rare sur la toile. Expliquer serait compliqué. J’ai décidé de m’émanciper, à présent je vis avec mes enfants. L’année dernière j’ai lâché le blog qui en fait n’était que l’échappatoire de ma vie qui ne m’épanouissait pas même si sur le papier tout semblait idyllique. Je me suis adonnée à d’autres activités et je me suis redécouverte. Dire qu’aujourd’hui tout va bien serait exagéré mais oui, ça tend vers le mieux. J ai vécu des moments de violence psychologique assez forts mais comme on dit qui sème le vent…. Aujourd’hui, les choses s’estompent. Je pense que cela mettra des années à rétablir un climat plus serein. J’essaie d’y croire. L’essentiel c’est que dans tout ça, les enfants ont été préservés et semble finalement pas si mal le vivre.
      anyway: je suis de retour sur la blogo pour de bon! bisous bisous!!!

  3. Karya dit :

    C’est tellement difficile à admettre que son enfant puisse être différent et ce H dans MDPH n’aide vraiment pas. Ton texte est vraiment touchant. V. a la chance de t’avoir comme maman.

    • les tribulations d'une poulette dit :

      Oui le mot handicap fait peur. On m’a ensuite expliqué qu’un enfant pouvait avoir une situation handicapante ponctuelle et ne plus être considéré comme tel après selon les évolutions. Valentin ne rentre pas dans le champs du handicap mais si te avait été le cas, j’aurais accepté, j’avais déjà accepté en envoyant le dossier. C’était son bien être à l’école en priorité.
      Merci Karya de me dire cela. j’ai vécu le chaos ces derniers mois pour des choix de vie faits, et les personnes que je pensais les plus dignes de confiance, les plus ouvertes ont remis en cause mes facultés de mère ne se basant que sur des moments ponctuels où ce qu’elles pensaient croire et savoir(ces dites personnes n’étant même pas mères elles-même dont une dont l’egoisme et la frivolité et l’instabilité me laisse penser qu’elle serait dépassée par ce statut…).
      Je sais ce que je vaux en temps que mère et mes enfants me le rendent bien.
      Depuis que je vis seule avec eux, on a de franches parties de rigolade, beaucoup de moments de complicité encore plus qu’avant. Je suis une maman heureuse et mon petit bout de sizan va beaucoup mieux 🙂

  4. Emilie dit :

    Bravo pour ta persévérance Elodie ! Tu es une maman courageuse et pleine d’amour, mais surtout courageuse ET tenace !
    V. a bien de la chance d’être aussi bien entouré !
    De gros bisous !

    • les tribulations d'une poulette dit :

      Merci pour ce message Emi….
      Oui de la persévérance et de l’endurance et de la patience car mettre en oeuvre toutes ces choses autour de valentin n’a pas été aussi simple qu’un claquement de doigt. Les places de CMP sont chères, j’ai eu beaucoup de chance mais j’ai surtout été tenace.
      Je suis fière de son parcours depuis la ps. J’ai vu ses cahiers, ses productions, mon Valentin a tellement évolué, quel bonheur!

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