De droit et de considération publique : ton enfant

Enfant : n.m garçon ou fille dans l’âge de l’enfance. Fille ou fils de, quel que soit l’âge.

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Du premier jour de l’annonce de ta grossesse, du premier jour de la naissance de ton bébé, de la première fois de petit bipède en sortie, du premier jour d’école à la fin de l’enfance, ton enfant et ce que tu fais avec ton enfant sera jugé et jaugé.
J’ai découvert le monde de la maternité, enceinte de V. à 24 ans. Toute naïve que j’étais, l’image que j’en avais était celle de ma mère et de sa tribu de 6.
Je n’avais que la face apparente de l’iceberg, celle qu’on voit quand on est de l’autre côté de la barrière.
Dès l’annonce de ma grossesse ainsi que des premières rondeurs apparentes de mon ventre, j’ai découvert un monde déplaisant. Un monde irritant.
Avec ce sentiment que ma grossesse ne m’appartenait pas seulement mais était affaire publique. Des gens que je ne connaissais ni d’Eve ni d’ Adam, croisés dans la rue, dans une salle d’attente, dans un magasin, me conseillaient à tout va. Il faut faire comme ci, faire comme cela, ce n’est pas conseillé de… Vous ne devriez pas… Ou bien des comparaisons sans sens. « Oh moi, je n’étais pas si, ou oh la chance, vous avez grand appétit, ou vous ne devriez pas marcher tant moi… » bla bla BLA.
Ces intrusions m’ont intriguées mais tant qu’elles restaient hors de mon quotidien, c’était largement supportable. Avec toujours ce questionnement : POURQUOI ? Doublé d’un « mêlez-vous de vos…. »
Bref
Mais le pire est à venir.
C’est à la naissance de ton petitoi que les gens, proches/éloignés/inconnus se permettent mille réflexions et conseils, jugements d’appréciation. Entre les conseils (ordres) concernant le nombre de biberon, l’allaitement au sein/au bib, le poids de ta progéniture (oh il mange bien à la cantine, il est bien gras, moi la mienne, c’était une crevette « OSEF »), la diversification, la manière dont tu le couvres pour le sortir « oh il a trop chaud, trop froid, vous êtes sure qu’il est bien ? » : non, j’en suis pas sûre, en fait je teste ses limites de résistance, jtrouve ça formateur.
Ou le fameux, « tu le portes trop, tu vas en faire un capricieux, tu le couves trop tu vas en faire un… »
Est-ce utile de développer ?….
Puis ton petit buveur de lait s’est transformé en bipède. Avec des volontés, avec des envies, avec une affirmation de soi naissante. Et ce bipède que tu trimballes avec toi fit l’objet de moult réflexions des gens le côtoyant. Les proches/éloignés/inconnus se sont immiscés dans ton mode éducatif. Pour qui, pour quoi et surtout de quel droit. Outre les mamies à la caisse qui adorent mettre mal à l’aise les mamans en galère avec des petites réflexions bien senties (oh il a l’air dur, oh, ça ne doit pas être de tout repos, oh, il a son caractère, oh maman doit être fatiguée, oh bon courage pour la suite) les personnes qui m’ont le plus blessée et agacée furent les proches pas si proches. Tu sais, ceux qui ne côtoient que les enfants des autres, qui en gardent de temps en temps (oh c’est doux, c’est chaud et ça fait des câlins, nan mais franchement, elle se dit fatiguée ? C’est pourtant pas si compliqué) vivant une pseudo-maternité par procuration. Ces mêmes personnes qui portent un regard que même ton enfant sent malfaisant et négatif. Ces mêmes personnes qui ne se doutent pas une seconde de tous les enjeux se cachant derrière l’éducation de son PROPRE enfant, du travail pouvant être fourni derrière. Ces mêmes personnes qui ne voient de la maternité que le côté positif et n’imaginent pas l’énergie, l’investissement personnel et l’abnégation dont il faut faire preuve. Ces mêmes personnes qui ne vivent que pour leur simple égo mais qui se permettent de dire qui quoi comment sans même avoir vécu une semaine de vie de maman ou de papa. Ces mêmes personnes que j’attends au tournant quand elles seront happées par leur vie nappée de RESPONSABILITE quand elles seront enfin mères. Je serai là, visant de loin, mais je ne dirai rien, je rirai tout juste…Savourant, me délectant de leurs premières difficultés de vie. (mais non poulette, détrompe-toi, de leur perfection découlera l’enfant ultime, de leur jugement découlera des enfants sages, obéissant au doigt et à l’œil, calmes, qui adorent faire la grasse mat’ et qui liront à 4 ans).

Je ne dis pas qu’il ne faut pas que les conseils ne sont pas bons à prendre, bien au contraire. Surtout quand on est une jeune maman tout fraîche et qu’on ignore les détails. Mais les principes de base, les fondements, et les intuitions, nous les avons, ne sommes-nous pas des mammifères doués d’intelligence et de raisonnement ?
Et que bien sûr, le simple fait de donner la vie ne fait pas de nous de bons parents.
Mais par pitié. Les gens, réfléchissez avant d’ouvrir votre grande bouche inexpérimentée.
Mais j’ai aussi appris récemment qu’il y avait des personnes bienveillantes qui au lieu d’enfoncer, portaient aux nues, aidaient et valorisaient. Car quand on aime quelqu’un, on l’aide, on trouve les mots justes, avec les formes…

Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants…

Je fais quoi dans la vie ? Je fais de mon mieux….

Une réflexion sur “De droit et de considération publique : ton enfant

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