Etre une bonne mère, c’est quoi?

Ne t’inquiète pas, tu es une bonne mère.

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Ces mots chaleureux et si réconfortants que j’ai entendu des dizaines de fois par mes amies et ma famille ces derniers mois. Ces mots dont j’avais besoin car j’étais persuadée du contraire.

Depuis que je me suis émancipée en janvier, de manière officielle, que j’ai quitté le domicile, je sais que je suis une bonne mère.

Et c’est amusant car en y réfléchissant, je ne saurais pas te donner la recette exacte de la maternité enchantée, car finalement, il n’y a pas de maternité enchantée mais que des mères qui font de leur mieux avec les ingrédients et la base sociale et familiale qu’on leur a donné. Une histoire de vécu, d’inné, d’acquis et de sciences vaguement comportementale…

Je ne vais pas te dire dans cette article les faits, actions qui font qu’on est bonne mère(peuchère) mais ce qui contribue à se sentir bonne mère et ça, c’est bien différent.

Je dirais dans l’ensemble, une dose de confiance en soi, saupoudrée d’attention, d’écoute et d’amour avec quelques gouttes d’autorité et une pincée de projection.

6 ans. 6- ans pour comprendre que oui, je fais ce qu’il faut mais que, comme tous les parents, j’ai mes faiblesses, faiblesses qui participeront au développement de grums 1 et 2, forces et qualités.

Je ne pense pas qu’avant les femmes se posaient tant de questions. Mettre au monde était une chose naturelle et l’instinct de préservation ferait le travail.

Nous avons vu que toutes les mamans n’avaient pas cette fibre par le biais des médias et d’actes malveillants. Mais dans l’ensemble, cela reste un pourcentage de parents.

Aimer, cajoler, dorloter ne suffit pas.

Aujourd’hui, tant de choses pèsent sur nos épaules de femmes. Quand je regarde mes amies mamans, pour la plupart, elles travaillent, elles sont dynamiques, veulent faire du sport, s’occupent de leur maison, essaient de prendre soin d’elles aussi, essaient de rester la femme qu’il aime, elles veulent apporter le meilleur à leur famille, se renseignent, cuisinent, écoutent, échangent sur les réseaux sociaux. Et à l’heure où le concours de la plus grosse fait rage, elles essaient toujours d’en faire plus, plus plus plus, mieux, mieux, mieux…

Et en terme de maternité, c’est la même chose. Qui n’a jamais posté un statut de fierté sur une prouesse de l’héritier et écopé d’un « oh moi le mien, encore plus tôt » ou moi le mien, il sait faire ça depuis….

Ce sont toutes ces petites choses qui effritent peu à peu la confiance maternelle si durement acquise.

Ne t’es jamais tu dit, que dans cette fierté énoncée et annoncée au monde entier, la seule réponse qu’on souhaitait était un bravo, je suis fier de lui, de toi, de la personne que tu es(sous entendu) et pas ce narcissisme dont certaines personnes sont si habiles?

[Ca me fait penser à cette ancienne amie disparue dans le cyclone du triangle de la rupture. Quand tu voulais te plaindre un peu, de ton poste(quand jé n’étais pas titulaire), de ton dos, de ta santé la seule réponse qui lui venait c’était « oh moi pire » ou « moi on dit carrément que y’a plus rien à faire » (oui, tu es « malheureuse » mais berdol, je cherche du réconfort et de l’écoute et toi tu penses ENCORE et encore à toi, puisque tu n’as que ton nombril). ]

A moins de poster mille statuts sur chaque progrès de ton grums, dans le dialecte maternel, une telle annonce recherche le positivisme de ton réseau d’amis et de copinautes et en aucun cas un renvoi au triste fait que « ben non, chez moi, y’a mieux alors inutile de t’en vanter ».

Pour ma part question pot et pieds, je me suis jamais vantée des prouesses de mes grums car de ce côté là ce sont des grosses feignasses.

Ce qui pèse dans ce statut de mère, c’est ce regard que pose la société(eux, les autres) sur nos actions, nos habitudes, nos méthodes éducatives. Il y a autant de méthodes éducatives et de façons d’aimer qu’il y a de mamans. Voilà c’est dit. On fait avec ce que l’on a et notre héritage éducatif.

Etre mère, c’est dur. Attention, je ne dis pas qu’être père ne l’est pas. Mais dans une démarche assez rétrograde, les parents, les beaux-parents, la société se réfère toujours à la maman quand il s’agit de santé et d’éducation. En quoi le fait que je ne repasse pas et que donc, in extenso, que mes enfants ont des vêtements pas repassés au pli près( oh c’est pas grave, ce pantalon se repassera sur moi), m’est imputable?

En quoi suis-je le seul référent à la nourriture faite maison en semaine? En quoi serai-je la seule à savoir ce qu’il faut mettre dans le caddie? En quoi serais-je le référent aux mots signés ou aux photos, compte-rendus, sacs de piscine?

Pourquoi, parce que je suis dotée d’un cerveau FEMININ, on a fait de moi l’être le plus à même d’être celle qui serait ou ne serait pas bonne pour mon enfant? Pourquoi, parce que j’ai des boobs, je serais celle qui fait les mauvais ou les bons choix pour mes enfants.

Dans cette société, où la femme travaille autant que l’homme, où les enjeux d’éducation sont si grands, il n’y a de mauvaise mère que là où elles ne sont pas assez épaulées, pas assez aimées, pas assez soutenues, pas assez prises au sérieux, pas assez encouragées, pas assez écoutées.

Il n’y a d’enfants malheureux que là où la cellule familiale souffre d’un gros déséquilibre.

Il n’y a des mères malheureuses et dégoûtées de leur statut de mère que là où il y a un entourage néfaste, une situation pourrie jusqu’à la moelle.

On est des mères, faites de chair, de chaleur, parfois de lait parfois pas, parfois de peurs, parfois d’assurance.

On est la mère que notre enfant fait de nous. S’inspirant de son individualité et de sa particularité. De cet état, on ne peut pas être cette autre mère, si parfaite, si modélisante, ni cette autre mère qu’on envie…

On est cette mère qui voudrait parfois jalonner la vie de notre enfant et qui parfois bon gré mal gré, doit changer une route qu’on souhaitait tracée. Et en souffrir.

On ne doit plus culpabiliser d’être cette mère qui a décidé de travailler, de moins voir son foyer, ou cette mère qui préfère profiter de la prime jeunesse de son enfant. Il faut être des mamans, sûres de nous, fières de nos choix, heureuse du temps passé avec eux,, le vivre à 100% plutôt qu’un peu, et le vivre la boule au ventre. On est cette mère que notre mère a fait de nous, plus cette mère que nous déciderons de faire de nous.

Regarde le sourire de ton grums, les câlins spontanés qu’il te fait, son épanouissement et ce qu’il partage avec toi. N’est-ce pas la plus jolie preuve de ce que tu sais faire et réussis? Etre une maman…

Une chose dont je suis sûre, c’est que je suis une maman tendre, aimante, à l’écoute, impliquée corps et âme dans le bien être de mes enfants.Tout ce que je fais, c’est pour eux et pour moi.

Je suis mon instinct. Certaines choses transmises le seront naturellement, les autres  seront diffusées là et là…

Je suis « a good enough mother »  énoncée par Winnicott.

15 réflexions sur “Etre une bonne mère, c’est quoi?

  1. luneetrustine dit :

    C’est beau ma douce et tellement vrai en tout point. On fait tout ce qu’on peut avec tout ce qu’on le principal étant de le faire avec son cœur. Quant à ceux qui jugent … On attend de les voir quand leur tour sera venu les pimbeches

    • les tribulations d'une poulette dit :

      ouaip…Encore que j’ai plus de peine que de colère à présent. Quel ennui et souffrance doit on ressentir quand de ses propres amis on critique la maternité… Mais ce n’est pas à elles que je pensais là. D’ailleurs, je n’y pense plus, c’est amusant c’est comme ci tout ca n’avait pas fait partie de ma vie….

  2. Sophie - Dans ma bulle dit :

    Je n’ai que deux mots à dire BRAVO et MERCI, je partage sur tout mes réseaux parce que cet article dois être lu par le plus grand nombres selon moi, il faut déculpabiliser les mères d’aujourd’hui votre billet aide grandement à en prendre conscience . Bonne soirée

  3. morais dit :

    C est tellement …. Ouaou. … je ne suis pas maman (enfin pas encore maman) mais j ai voulu lire ce post jusqu au bout ! il accroche tout de suite ! C est beau et tellement réel mm quand on le vit pas on le comprend car on a tous une maman une mamie une amie une soeur qui se reconnetra dans ce que tu dis! Bravo!
    Angel

  4. Marie O' dit :

    Très bel article. Merci de l’avoir écris. Pas toujours facile de trouver le soutien nécessaire autour de soi pour nous assister dans notre vie de maman. Mais ce qu’il faut retenir, c’est que nous donnons le meilleur à nos enfants, l’amour, nous faisons de notre mieux, avec eux.
    On peut vite perdre pied et se sentir nulle, zéro, pas assez bien. Chaque jour regagnons confiance en nous, car être une bonne maman, c’est avant tout être là, être attentive, attentionnée, faire de chaque jour une belle aventure et avancer main dans la main avec nos chérubins!

  5. Ladybosco dit :

    Merci! C’est la larme à l’oeil que je finis de lire ce billet car je m’y retrouves tout à fait. Il y a malheureusement toujours quelqu’un pour critiquer et nous ancrer dans la tête qu’on est bourrées de défauts…

  6. marie dit :

    Super article, tout est dit et ça fait beaucoup de bien de lire ça (le passage sur le « moi je » ou  » mais le mien il sait faire… » souvent entendu dans mon entourage m’a bien fait sourire ). Je revendique le fait de ne pas être une mère parfaite ( eh oui je ne donne pas à mon fils que des petits pots maison même si j’ai un super babycook, babybio c’est bien aussi!) et au passage j’affirme haut et fort que je fais partie de celles qui n’ont pas adoré leur grossesse mais pourtant sont des supers mum’s. Aujourd’hui, le principal c’est que je suis une maman épanouie et mon loulou aussi!
    Je partage cet article découvert sur le Facebook d’Amélie et merci encore pour ce chouette moment de lecture.

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